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Le chef-lieu de Môc Châu (province de Son La), lieu vers lequel affluent tous les 1ers septembre de nombreux H’mông pour célébrer la fête de leur ethnie.
Les couleurs vives des marchés de montagnes
Un mariage chez les Dzao rouge
Mélodies de la haute région
Une jeune fille Dzao
Les norias servent à transporter l’eau vers les hameaux
Moisson sur les rizières en terrasse
Tissage du brocart de thô câm |
Dans la région du Tây Bac (Nord-Ouest), la nature renferme bien des mystères. Elle recèle encore bien des secrets à découvrir en dépit des nombreuses connaissances acquises au fil des siècles.
De Hanoi au Tây Bac, on peut prendre la nationale N0 6, traverser Hoà Binh, puis Son La, Lai Châu, Diên Biên, Lao Cai, Yên Bai et longer la voie ferrée Hanoi-Lao Cai pour retourner au point de départ ou inversement.
Quoi qu’il en soit, à l’entrée du Tây Bac, c’est-à-dire Hoà Binh ou Yên Bai, le visiteur est cerné de montagnes, collines et futaies s’étendant à perte de vue. Les montagnes du Tây Bac sont les plus hautes du pays, le plus haut sommet étant le Phan Si Pang (3143m) surnommé «le toit de l’Indochine». Des cols permettent de franchir ces hautes montagnes tels Pha Din, Lung Lô, Ô Quy Hô ou Môc Châu… Quel plaisir de les gravir! On oublie vite la fatigue au sommet car l’on est entouré par des nuages qui donnent l’impression de flottersur un océan de nuages comme des fées dans les vieux contes et légendes.
Des massifs forestiers s’étendent à perte de vue. «Les forêts sont de l’or». Ce vieil adage s’applique bien aux forêts du Tây Bac. Les bois précieuxtels que le lim (ou bois de fer) et le bassia sont dur comme du fer et résistants à la pluie et au soleil. On y trouve aussi des bois parfumés comme le pin, le pemou, des bambous de toutes espèces… Les forêts du Tây Bac sont aussi le refuge d’espèces animales précieuses: ours, tigres, cerfs… Selon les études les plus récentes, il existerai dans les montagnes de Hoàng Liên 16 espèces animales en danger d’extinction immédiat figurant dans le livre Rouge des espèces menacées au niveau mondial.
Entre forêts et montagnes se trouvent parfois de vastes rizières comme celles de Muong Thanh, Quang Huy ou des collines de thé comme à Nghia Lô, Yên Bai, des prairies comme à Môc Châu où des troupeaux de vaches laitières paissent de manière indolante…
«Personne ne peut dire que toute les richesses de la nature du Tây Bac sont connues. Même la beauté de cette région est difficile à comprendre à fond…», a avoué Lê Ba Thao, un géologue. Dans toute la région du Tây Bac, nous pouvons rencontrer des paysages typiques de la région montagneuse. Les maisons installées sur les crêtes appartiennent à l’ethnie H’mông, celles situées un peu plus bas aux Dzao. Les vallées sont le domaine des Thai et le bord des ruisseaux celui des Muong, des Nùng, des Tày… avec leurs maisons sur pilotis. Le long duFleuve Rouge ou de la rivière Dà (rivière Noire), on rencontre souvent de jeunes filles Muong ou Thai dans leur costume traditionnel dirigeant de façon posée et calme leur pirogue avec des rames qui n’ont guère évolué depuis des siècles.
Ceux qui visitent le Tây Bac au printemps jouissent d’un grand bonheur. Car, à cette époque, cette région est recouverte d’un manteau de fleurs blanches de bauhinia, et un parfum léger flotte dans les forêts et vallées. Pour les H’mông, une des ethnies les plus répandues dans le Tây Bac, les fleurs de bauhinia sont celles des gens âgés car lorsque ces derniers les voient, ils croyaient revivre leur jeunesse, lorsqu’ils venaient au marché ou participaient aux fêtes villageoises avec l’élu(e) de leur cœur
Pour éviter la touffeur estivale, l’idéal est de se rendre à Sapa. À 1.600 m d’altitude, Sapa est doté d’un climat tempéré, de forêts de bambous et,aussi de forêts primitives. Sapa possède des sites pittoresques comme Thac Bac (Cascade d’Argent), Câu Mây (Pont des Nuages),un champ mégalithique préhistorique. Ce dernier compte une trentaine de blocs de pierre sur lesquels des hommes d’antan ont gravé des signes considérés comme des messages, que les archéologues s’efforcent encore de décoder. Sapa est célèbre pour son marché dit de «l’amour», le plus original au monde de l’ethnie Dzao, qui se tient tous les samedis soirs. Les Français ont transformé Sapa en un site touristique au début du XXe siècle. Depuis, la petite ville est toujours restée un lieu de villégiature. N’oubliez pas aussi d’aller visiter le marchémontagnard de Bac Hà égayé par les tenues multicolores traditionnelles des ethnies minoritaires comme les H’mông noir, rouge, fleurs, les Dzao, les Giay, les Xa Pho…, Vous pouvez y goûter les fameuses prunes de Tam Hoa ou visiter un village de H’mông ou de Thai, et rencontrerez de jeunes filles «qui ne sont ni acides, ni amères, mais douces comme des rires et des chansons, savent bien jouer des gongs, bien chanter et danser avec des éventails, aiment se laver les cheveux avec des feuilles de citronnelle, aimenttravailler aux champs sur les terrains élevés et pêcher des poissons, des filles qui manipulent le métier à tisser pour en sortir des fleurs sur les étoffesétoffes et font blanchir du riz en le battant avec un pilon…», comme le dit un poème des Thai.
Les Thai, les H’mong, les Dzao, les Tày, les Muong…, sont les maîtres de la région du Tây Bac depuis bien des générations. Chacune de ces ethnies a ses propres caractéristiques, mais elles ont toutes néanmoins des traits communs: assiduité et créativité. Chacune des ethnies contribue au riche trésor culturel de la nation avec ses chants, danses, contes et légendes, épopées originales. L’épopée des Thai: le «Xông chu xon xao» (Recommandations à la bien-aimée.....) est longue de plusieurs milliers de vers; et celle des Muong: «Naissance de la terre et de l’eau», de vingt milles vers, racontela génèsedu ciel et de la terre.
Texte: Lê Son – Photos: Ngô Dzu, Trân Dinh, Tiên Dzung, Công Hoan
(D’après vietnam.vnagency.com.vn) |