Ardenne
Le terme Ardenne proviendrait du mot celtique (Ar Duen), qui signifie «la Noire». Les premières citations de cette Arduenna silva se retrouvent dans le récit de la Guerre des Gaules (De bello gallico) de Jules César. César y décrit la forêt ardennaise comme ayant une longueur de 500 miles romains (environ 700 km), traversant le pays des Trévires et s'étendant depuis les rives du Rhin jusqu'au pays des Nerviens et des Rêmes (rive gauche de la Meuse). Le géographe grec Strabon cite également la forêt d'Ardenne.
Les premières traces d’occupation régulière de l’Ardenne datent seulement du Ve siècle av. J.-C. C’est l’époque de l’expansion des Celtes. L’Ardenne serait d’ailleurs un des rares endroits en Europe où les Celtes ne se seraient pas métissés avec d’autres populations déjà installées. Mais la croissance de la population y fut très lente: en effet, le climat de l’Ardenne est plus froid que celui des régions avoisinantes, les rivières n’y sont pas navigables (à l'exception de la Moselleet de la Meuse), le relief rend les déplacements plus difficiles qu’ailleurs, les terres agricoles produisent peu et, de plus, le territoire est parsemé de landes appelées fagnes où rien ne pousse hormis la sphaigne.
Avant le XVIIIe siècle, la forêt était déjà très exploitée, en raison notamment des modes de construction, de pratiques liées à l'affouage, à l'essartage et au pâturage, ainsi que de la fabrication du charbon de bois utile au fonctionnement des nombreuses forges qui conféraient à l'Ardenne une vocation sidérurgique.
Ce n’est qu’au XIXe siècle, à la faveur du développement industriel de la région mosane, que l’Ardenne sort de son isolement. On y construit alors à grands frais une voie ferrée et des routes, mais les rivières ardennaises restent sauvages et l’industrie lourde ne peut s’établir qu'aux frontières Nord et Sud de l'Ardenne. L’industrie modifie cependant les paysages, puisque c’est au XIXe siècle, pendant l'essor industriel, que l’on introduit les plantations massives d'épicéas, une espèce de conifèreoriginaire des pays nordiques qui s’adapte à merveille aux landes fagnardes, ce sont surtout ces terres peu fertiles qui furent enrésinées. Le but premier de ces plantations massives était de produire du boispour le boisage des galeries de mines. Aujourd’hui, l’Ardenne est pour les régions industrielles voisines un réservoir d’espaces verts, et sa première ressource économique est le tourisme.
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